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Réflexions philosophiques sur le concept d’autorité du manager
Publié par L.Volkoff le 17/10/2006 (1133 lus)
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Extrait d'une étude universitaire sur le "manager coach"

 


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Parler d’autorité, c’est remercier la sociologie de Crozier (1977) de nous avoir apporté la pensée de Schonfeld, traduisant les concepts de « légitimité césaristique » et de « directivité assumée », pour nous représenter l’obéissance, in fine, comme le produit d’un évitement, une capacité liée à la culture et à l’expérience de l’homme subordonné.




Concepts

  • Une légitimité « césaristique » :

Souvent appelée « charisme », le chef en impose par sa puissance ou par des "avatars", des changements de postures qui, aux yeux de ses subordonnés, font de lui un être fort, un empereur à qui il faut obéir.

 

  • Une directivité assumée :

L'obéissance, le respect de l'autorité ne se rapportent pas ici à un homme, ni à ses actions ou à des représentations qui généreraient la soumission, mais se comprend par des directives expérimentées et intériorisées par le passé.


C'est en cela que ce processus d'intériorisation fonde une culture qui devient alors une une capacité relationnelle. Capacité qui s'exprime par l'évitement du chef s'il est considéré comme incapable de se faire respecter. Devant cette carence d'autorité, le subordonné se rappellera au souvenir d'une règle et d'un sens précédemment intégrés dans ses valeurs, dans sa culture, grâce à de vrais « leaders » avec qui il aura expérimenté une relation. Il décidera ainsi de se soumettre.

 

Pour relier ces concepts d'autorité à l'entreprise, nous en déduisons que le manager peut être respecté par son charisme, sa « césarité », ou évité par son subordonné qui ne trouvera pas de sens acceptable, en adéquation avec sa culture personnelle, mais qui laissera cependant  son hiérarchique dans l'illusion d'en avoir crée un.


Expliquer et créer du sens

Le lien que nous détenons ici, c'est que le manager, lors de son processus de « feedback », peut démontrer une capacité  à expliquer et à créer du sens chez son subordonné ; et c'est ainsi qu'il pourra être perçu comme « puissant », respecté comme un César dont l'autorité mobilise un peuple et lui fait lever le pouce. Mais il pourra aussi être ignoré sournoisement.

 

Platon, dans le "banquet", comparant la parole à la mélodie charmeuse d'un instrument de musique, met en avant la séduction que la parole peut exercer sur les êtres, le pouvoir de soumission du parlé ; nous menant à nouveau à cette idée de l'explication comme fondement et/ou manifestation de l'autorité.

"[...] Mais, dira-t-on, tu n'es pas joueur de flûte ? Si, et bien plus meilleur que Marsyas. Lui, il se servait d'instruments quand il charmait les hommes par la puissance de son souffle, et c'est ce qu'on fait encore à présent quand on joue ses airs sur la flûte. [...] Toi, tu diffères de lui sur un seul point : tu n'as pas besoin d'instruments, et de simples paroles te suffisent pour produire les mêmes effets. Une chose est sûre :quand nous entendons un autre orateur, si doué soit-il, tenir d'autres discours, cela n'intéresse pour ainsi dire personne. Mais quand c'est toi qu'on entend, ou quand un autre rapporte tes paroles, si médiocre qu'il puisse être lui-même, et qu'un homme, ou une femme, ou un adolescent l'entendent, nous sommes frappés au cœur, un trouble s'empare de nous."

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